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- Paroles et Musique - Printemps 1986

On ne la connaissait pas. Puis on l’a connut sans la connaître. Et maintenant, on la connaît. Pas très bien, pas assez, mais ça s’arrange à vue d’œil et d’oreille…
A près le succès de sa chanson « Johan », et son récent tabac avec la Nuit magique, avant son départ en tournée d’été, Lara – ex-Premier Prix de violon au Conservatoire de Paris – nous montre le poids qu’elle a prix dans le monde des variétés : quelques grammes en plus, elle vous dédie

Avez-vous abandonné le classique, ou c’est le classique qui vous a quitté ?
Ni l’un ni l’autre… Lors de mon dernier passage à l’Olympia, j’ai commencé par le 3e Concerto brandebourgeois : pas question pour moi d’abandonner le violon. Je ne l’ai jamais autant aimé qu’aujourd’hui… Disons que, maintenant, je fais une synthèse : Quand je chante, mon violon est toujours à portée de main. Violon classique et électrique.

 

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le show-business : le show ou le Business ?
Apprenez que je suis la plus mauvaise business woman du monde… Ce qui veut dire, évidemment, que c’est le show qui m’a attiré. Jouer dans ces concerts classiques, ça me plaisait, mais de moins en moins : le public est trop coincé, poussiéreux et part trop souvent du principe que, pour bien jouer Bach, il faut faire la gueule. Moi, je ne fais pas la gueule : ni pour Bach, ni pour les autres. Mais attention, je ne conseille pas pour autant à qui que ce soit de mettre de la batterie dans Mozart : on ne met pas de cannelle dans la béchamel…

 

Votre comédie musicale, l’année dernière avec Annie Girardot, ça n’a pas été le franc succès… Plutôt le violon dans la cave que « Le violon sur le toit », non ?
Difficile de dire le contraire. Mais ce fut une expérience forcément enrichissante. Il n’est pas toujours inintéressant de se casser la figure. Et puis, comme dit le hérisson en descendant de la brosse : tout le monde peut se tromper !

 

L’as du solfège met-elle un bémol à ses dos pour faire plus « variété » ?
Non. Voilà pourquoi il m’a fallu dix ans avant que ça marche. Maintenant, je joue un mélange de classique et de rock, du « rockmantique », et ça tourne !

 

Vous avez une voix à casser les hit-parades et pourtant…les programmations fonctionnent aux boules quiès, votre micro est débranché, ou quoi ?
Vous exagérez : « Johan » a très bien marché. Cela dit, radios et télés ne sont pas mes objectifs principaux. Tant mieux si j’y passe, mais j’ai surtout besoin d’une scène sous les pieds et d’un public en face de moi…

Parole et Musique - Propos recueillis par Gilles Chenaille