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- Eté 1986

Catherine Lara coté dur / coté tendre

Nuits magiques du 26 septembre au 6 octobre à l’Olympia où Catherine Lara fera vibrer les murs de l’auguste demeure de son flamenrock. Tour à tour tendre, ou violent, c’est « le spectacle de la rentée ».

 

Quel genre de musique écoutes-tu ?
Toutes ! Du classique comme Mozart, Schumann, Mahler au rock : Sting, Jonasz, Phil Collins…

 

Quel est ton album préféré ?
« Russians » de Sting, je n’écoute que ça.

 

Y a-t-il une chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?
« J’veux pas que tu t’en ailles », de Jonasz.

 

Penses-tu que la création musicale française se porte bien actuellement ?
Oh oui ! Je la trouve particulièrement en forme ces derniers temps, bien vitaminée.

 

Que lis-tu ?
Je ne lis pas ou éventuellement un peu de B.D., ou quelques ouvrages philosophiques, Hermann Hess par exemple, mais jamais de roman. Je déteste le roman.

 

Attaches-tu une importance aux objets et souvenirs de famille ?
Pas du tout ! Je ne suis pas passéiste. Je n’aime pas regarder en arrière, c’est presque une obligation pour moi, il faut sans cesse que j’avance.

 

Es-tu sujette à la déprime ?
Oui, mais de façon très fugitive, l’instant de quelques secondes… Je suis complètement cyclothymique.

 

Qu’est-ce qui serait susceptible de l’empêcher de dormir ?
La gamberge ! En ce moment en pleine préparation de l’Olympia, je me refais chaque nuit le spectacle dans ma tête, rien que pour moi.

 

Crois-tu en la fatalité ?
D’une certaine façon oui.

 

As-tu peur de quelque chose ?
De ne pas évoluer, de vieillir, mais pas physiquement, ça je m’en fiche, mais vieillir de cœur, d’âme. J’ai peur de ne pas être aimée, c’est un  pour peur ça que je fais ce métier, par besoin d’amour.

 

Acceptes-tu la contradiction ?
Complètement, je me contredis moi-même.

 

Penses-tu être facile à vivre par tes proches ?
Je me trouve facile à vivre seule (rires), à deux c’est tellement difficile, mon métier qui m’accapare, mon caractère aussi.

 

Une des tes premières qualités ?
L’humour.

 

Passes-tu facilement sur les défauts des autres
Oui ! Ça m’amuse même, ce sont les petits travers qui font le charme des gens, des gens que j’aime bien sûr, sinon chez les autres ça m’insupporte.

 

Et toi, quel est ton plus gros défaut ?
L’humour… oui j’en abuse. Et puis de toi à moi, je suis très coléreuse.

 

Et tu regrettes tes accès de colère, après ?
Pas du tout, c’est ça qui est terrible (rires)

 

On assiste aux Etats-Unis au retour d’un certain puritanisme, qu’on penses-tu ?
Je connais bien les Américains, j’ai vécu à Los Angeles, c’est une mentalité très à part et très complexe, je crois surtout qu’ils subissent le contrecoup du SIDA, qui a permit à ceux qui s’élevaient contre la libération rapide et massive des meurs et qui n’arrivaient pas à faire entendre leurs voix, d’invoquer la justice divine et de brandir la Bible.

 

La religion peut aider les gens ?
Pour ceux qui croient, oui.

 

Tu crois en Dieu ?
Oui, mais je crois en plein de chose, j’ai mes dieux, j’ai mes diables.

 

Qu’est-ce qui te touches le plus dans la vie ?
Toutes les injustices.

 

L’argent ?
ça aide…

 

La sensualité ?
C’est tout ce que j’aime dans l’amour.

 

Et le paradis ?
Faire ce que j’aime et uniquement cela, vivre de ce que j’aime… la musique.

D. Reboul-Scotty