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 Rencontre avec Catherine Lara, une musicienne au grand cœur  

 

Catherine Lara - Entre la vie et l'amour Au "LE DÔME De Paris" - Palais des Sports - Le 14 février 2020Au cours de ses nombreuses années de carrière, Catherine Lara a conservé intact son amour pour la musique. Généreuse et passionnée, elle a à cœur de partager ses chansons avec le plus grand nombre, musiciens et spectateurs. Nous avons eu le plaisir de la rencontrer pour son prochain concertEntre la vie et l’amour, qu’elle donnera le jour de la Saint-Valentin au Palais des Sports, à Paris, avec de partir en tournée en France et au Canada.

 

 

 

 

 

Bonjour Catherine Lara, même si on ne vous présente plus, pourriez-vous, tout de même, vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis une musicienne, une grande amoureuse de la musique, une violoniste… J’utilise toutes les cordes possibles, y compris vocales. Je suis une grande ludique. Depuis toute petite, on me demande ce que je fais, ce dont je joue. Toute ma vie, je n’ai fait que jouer. J’ai donc beaucoup de chance. Je suis une grande chanceuse de faire ce que j’aime et d’en vivre. Et, au hasard, si on me demande mon nom, je m’appelle Catherine Lara.

Pourquoi être devenue violoniste ? Sont-ce vos parents qui vous ont influencée ?

Papa jouait du violon. Il disait toujours : « C’est moi qui lui ai appris à vibrer ». C’était très important pour lui. D’ailleurs, ce qui m’a, en effet, fasciné, et qui est très difficile quand on est petit et qu’on commence le violon, c’est de vibrer. Moi, je vibrais avec tout mon corps, avec la tête, les pieds… J’ai compris que ce n’était pas un mouvement rapide et fort qui créait la vibration, mais juste une espèce d’intensité qui vient de l’âme et qui parvient au bout des doigts et qu’avant de trouver ce trajet-là, il y avait un peu de boulot à faire. Papa m’a donc appris à vibrer avec son violon – qui était dix fois trop grand pour moi – mais c’est cet instrument que j’ai choisi depuis toute petite.

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans le violon que vous ne retrouvez pas dans les autres instruments ?

J’aime qu’on le tienne sous le cou, j’aime la proximité du corps avec l’instrument et puis, j’aime ce son qui m’a toujours tiré les larmes aux yeux, que ce soit de bonheur ou de nostalgie, et qui me donne énormément d’émotions. J’ai un grand amour pour le violon et le violoncelle aussi. Je n’ai cependant pas joué de violoncelle car je suis petite et j’ai de très petites mains ; alors pour moi, cet instrument, c’est un peu comme l’Annapurna. J’ai également choisi le violon car on peut créer soi-même sa note. Il y a des quarts de ton… La gamme de son est très variée et subtile, bien plus qu’avec le piano. Sur ce dernier, quand on appuie sur un do, on entend un do. Au violon, faire un do, c’est une chose, un do bémol, autre chose, un do dièse, encore autre chose… Faire un do bémol ou un si, ce n’est pas pareil, alors qu’au piano, c’est la même note. Au violon, il y a des demi-tons chromatiques, des choses qui se passent à l’intérieur de la note qui me fascinent. Déjà toute petite, j’étais consciente qu’on faisait soi-même sa note et ça me plaisait beaucoup. J’aime aussi tout simplement le son du violon, ce son qui pleure, qui rit…, d’où mon amour pour la musique ashkénaze, klezmère, tzigane…

Comme vous pouvez créer vos propres notes, est-ce que vous composez vos musiques au violon ?

Le violon n’est pas vraiment un instrument pour composer du fait qu’il est monophonique. Pour trouver des thèmes, par contre, c’est génial. D’abord, je trouve une grille harmonique au piano ou à la guitare. Puis, je crée l’air, le thème. Le violon est toujours l’instrument thématique. Dans un orchestre, c’est le violon qui chante, c’est lui qui fait le thème. Par contre, pour composer, j’utilise souvent le piano. Mais quand j’ai un beau thème à trouver, je l’écris au violon.

Pourquoi composez-vous ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire vos propres musiques ?

Je compose 80 % de mes musiques. J’aime également partager. J’ai choisi la musique parce que c’est un art reposant sur le partage : on peut jouer avec quelqu’un, on joue toujours pour quelqu’un, on peut échanger… Par exemple, lorsque je suis sortie du Conservatoire, j’aurais pu devenir soliste, mais j’ai préféré la musique de chambre. J’ai dirigé un orchestre de musique de chambre pendant huit ans. On a donné des concerts dans toutes les églises romanes de Bretagne, on se baladait… c’était génial. Ce fut une très belle période de ma vie. La musique est merveilleuse, justement parce qu’elle est un partage. Mais cela n’est possible que si l’équipe est soudée. Pour moi, il est donc très important de pouvoir choisir mes musiciens.

Comment avez-vous choisi ceux qui vous accompagneront prochainement sur la scène parisienne du Palais des Sports ?

Je suis entourée de gens qui jouent admirablement bien. Pour le concert que nous allons donner au Palais des Sports à Paris, ce sont en grande partie des musiciens de la Philharmonie de Paris. J’ai également choisi quelques personnalités, mais au-delà de ça j’ai surtout cherché des talents. Par exemple, Mathilde Borsarello est une excellente violoniste, lauréate du prestigieux Concours Marguerite Long-Jacques Thibaud en 2010. Cyrille Lehn, mon orchestrateur (et pianiste), est l’un des plus jeunes professeurs du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. C’est à la fois un artiste et une belle personne. Quant à Cédric Diot, il joue de plein d’instruments différents : du banjo, du bouzouki (instrument à cordes grec), de la flûte, du tin whistle (flûte irlandaise)… C’est lui qui m’entraîne vers la World Music, un genre que j’aime particulièrement. C’est lui qui m’emmène en voyage avec ses saveurs musicales qui viennent d’ailleurs. Je choisis les gens parce qu’ils m’attirent et me touchent par leur élégance, leur façon de jouer, leur inspiration… Je préfère être entourée par de très bons musiciens que par un grand nombre de personnes. Je dis souvent : « Voici les musiciens que j’accompagne ». Je les ai choisis, je les ai voulus et eux-aussi m’ont choisie ! Par exemple, j’ai trouvé une magnifique violoncelliste, Florence Hennequin, qui m’a répondu qu’elle se fera remplacer pour sa tournée car cela faisait très longtemps qu’elle avait envie de jouer avec moi et qu’elle était très contente de venir. L’important est d’avoir envie de jouer ensemble. J’ai gardé cet esprit musique de chambre toute ma vie, où la dynamique et l’énergie du groupe sont très importants.

D’où vient le titre du concert, Entre la vie et l’amour ?

Entre la vie et l’amour pour ne pas dire Entre la vie et la mort. Pour moi, c’est un peu la dernière ligne droite. Il y a un jeu de mots voulu. Entre la vie et l’amour, il y a d’abord ma vie musicale. Ensuite, le concert tombe volontairement le soir de la Saint-Valentin, le jour des amoureux. D’ailleurs, sur scène, nous sommes tous amoureux les uns des autres. Cet amour qui nous unit, nous essaierons de le transmettre à tous ceux qui viendront nous écouter. Toutes mes chansons tournent autour de l’amour. Je n’ai chanté que ça. Il y a tellement de façons d’aimer. Il y a aussi plein de manières de le dire. Par exemple, Requiem pour un amour raconte la fin d’une très belle histoire d’amour. C’est une très chanson écrite par Jean-Jacques Thibaud. T’es pas drôle, c’est quelqu’un qui s’en va, quelqu’un qu’on a aimé et qui est mort. T’es pas drôle, c’est une façon de dire : « Je t’ai aimé, mais tu t’en vas et je suis désespérée ». Johann, c’est un amour de jeunesse. Les genoux écorchés, ce sont des amours d’école, les premiers que l’on éprouve quand on est tout petit et que son cœur commence à battre pour une camarade de classe… Je ne chante que de l’amour. Je ne sais pas chanter autre chose.

Qu’allez-vous chanter durant le concert ? Y aura-t-il de nouvelles chansons ? Comment avez-vous pensé le programme ?

J’ai renoué avec mon vieil amour du classique, en l’associant avec des arrangements venus des pays de l’Est. Je retrouve ainsi tout ce que j’aime, à la fois des chansons que les gens ont aimées et qui font que je suis encore là aujourd’hui à mon âge canonique (rires), mais colorées différemment. Il n’y aura pas de nouvelles chansons. Par contre, il y aura des morceaux que j’ai adorés dans ma vie comme Ils s’aiment de Daniel Lavoie, que je chanterai en duo avec Patrice Carmona, mon chanteur. J’adore aussi Léo Ferré. Je chanterai sur scène Jolie môme et Avec le temps, mais à ma façon. Par exemple, je chante une version flamenco d’Avec le temps. J’ai toujours trouvé que Léo Ferré ressemblait à un chanteur de blues. Il y a une sorte de lamentations dans ces chansons qui me rappellent le blues, le fado, le flamenco… Il y aura également quelques duos, dont un qui est plus qu’un duo, puisque je chanterai Aime-moi comme ton enfant avec 500 choristes. Là-encore, il s’agit d’une chanson d’amour, cette fois-ci nous racontant l’histoire de Georges Sand et Alfred de Musset. J’ai aussi peut-être deux amies qui viendront danser. J’essaie de réunir tout ce que j’aime pendant 1 h 20 / 1 h 30. J’essaie de faire en sorte que le concert ne soit pas trop long pour que les spectateurs restent attentifs et prennent du plaisir. Je préfère qu’ils partent en se disant qu’ils auraient écouté une dernière chanson, plutôt qu’ils soient rassasiés.

Comment avez-vous pensé la mise en scène ?

Il y a un important travail sur l’éclairage et des projections de matières comme la mer, la terre, les arbres, la nature… Nous allons essayer de créer un univers à part dans cette grande salle qu’est le Palais des Sports. Il faut essayer d’habiter cette dernière par des émotions. J’ai fait plusieurs fois le Palais des Sports et, malgré sa grandeur, on est vite bien dans ce lieu. Autant je n’aime pas du tout le Palais des Congrès que je trouve assez froid, autant je trouve le Palais des Sports agréable avec sa lumière bleue, ses sièges sympas… Je trouve que c’est une belle salle. J’aime également son côté arène, le fait que la scène soit assez basse par rapport aux gradins.

Comment préparez-vous votre concert du 14 février 2020 au Palais des Sports ?

Pour moi, le Palais des Sports, c’est comme tenter l’ascension de l’Everest. J’ai pourtant du métier, mais cela reste une épreuve. Alors avant le concert, c’est atroce. J’ai peur de ne pas y arriver. Et puis, une fois que je suis là, sur scène, tout s’efface. Du coup, pour me préparer, je répète car rien ne s’improvise. Je suis pour l’improvisation seulement quand on est prêt à 150 %. Mais compte tenu d’un gros paquet de trouille, il faut être bien préparée et ce, d’autant plus que nous avons fait venir près de 500 choristes. Alors bien sûr, avec ces derniers, nous n’avons pas beaucoup de répétitions car nous ne pouvons pas nous le permettre financièrement et qu’on ne peut pas répéter pendant 10 jours avec 500 choristes. J’ai cependant confiance en eux. Je les connais bien. J’ai déjà fait un concert avec eux. Ils étaient alors 2 000 à chanter Les Romantiques avec moi. Ce jour-là, j’ai demandé si parmi eux il y en aurait 500 qui seraient partants pour m’accompagner au Palais des Sports. Ils ont tous été volontaires.

Allez-vous partir en tournée à l’issue de ce premier concert Entre la vie et l’amour ?

Une tournée d’une quarantaine de dates se prépare à partir du Palais des Sports. Je les annoncerai quand l’organisation sera terminée. Et puis, en novembre 2020, je pars à Montréal et au Québec. Je chante au Canada depuis près de 40 ans. J’ai beaucoup d’amour pour ce pays. Les choses se passent d’ailleurs mieux pour moi là-bas car les Canadiens sont de grands mélomanes, qui sont d’ailleurs très difficiles en matière de musique. Pour réussir là-bas, il faut savoir jouer, chanter… La France est un pays plus littéraire que musical.

 18 janvier 2020 | PAR Magali Sautreuil