Violon

Violon de Catherine Lara

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’heure actuelle, Catherine utilise des violons élècto-acoustiques fabriqués par un luthier du Doubs près de Besançon Hervé Prudent. Ces violons ont été fabriqués spécialement pour Catherine dans de vieux bois d'érable centenaires.

- Catherine, est-elle une musicienne devenue chanteuse ou une chanteuse passionnée de musique ?

« Le violon était fait pour moi. J’ai également appris le piano – un instrument pratique pour écrire- et la guitare traditionnelle à cordes de nylon avant de passer aux cordes d’acier et de la brancher sur le courant comme je l’ai fait pour mon violon. On n’écrit pas les mêmes chansons au piano ou à la guitare ».
Catherine Lara (Paroles et musique 1985, Marc Legras)

« J’aurais beaucoup aimé qu’il y ait un système plus éducatif, des cours plus généreux. C’était musique –musique ! J’y ai rencontré des gens passionnants, mais dès que j’en suis sortie, j’ai crée mon propre orchestre de chambre »
Catherine Lara (Chorus, Daniel Pantchenko)

« Je veux me débarrasser de cette image culturelle. J’ai porté le poids de la culture sur le dos… quand tu débarques dans la chanson c’est presque un handicap de dire que tu as 20 ans de musique classique derrière toi. Tu imagines le conservatoire de Paris, les Prix de tout le machin… Cette espèce d’auréole de culture de la musique. C’est carrément une tare que je me suis trimballée pendant des années »
Catherine Lara (Chanson magazine 1985, François Bensignor)

« C’est agréable de connaître et de maîtriser un instrument de musique. J’ai vécu avec mon violon des moments sublimes. Je suis passionnée par Mozart et je peux l’écouter des journées entières. Le jour où j’ai joué le Requiem de Mozart à la cathédrale de Reims…. J’ai arrêté de respirer ! J’avais la chair de poule, tellement j’étais émue. Je pleurais en jouant. C’est terrible parce que ça t’empêche de jouer. C’est un des moments forts que je dois à la musique classique, comme je lui dois la rencontre de gens passionnants ».
Catherine Lara (Paroles et musique 1985, Marc Legras)

« Pendant plusieurs années j’avais abandonné mon violon et effectivement j’étais perdue. Je l’ai retrouvé quand j’ai compris qu’il faisait partie de moi, de ma vie, que nous étions inséparables. En quittant mon violon, c’est un peu de « moi » que je perdais. Tu sais quand on chante, on n’arrête pas de se jouer « soi ». Et c’est difficile à vivre, pour toi et pour ceux qui t’entourent. C’est pas facile de jouer ton propre rôle sans être égoïste quelque fois, ça incite au nombrilisme, au narcissisme ».
Catherine Lara (Chanson magazine 1985, François Bensignor)

« J’avais besoin de sentir des visages qui vivent, n’ont pas honte de crier parce qu’ils sont heureux. J’ai vu des gens taper dans leurs mains quand j’ai joué du Bartok, en première partie du concert de Ferrat. C’est uniquement l’émotion qui m’a fait réagir. Ce jour là j’ai compris que je pouvais communiquer au travers des notes ».
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu 1987)

« Un soir de concert à Orléans un jeune luthier –quel beau métier- est venu me dire qu’il avait envie de faire un violon pour moi. Et j’ai vu fabriquer ce violon dans de vieux bois centenaires… des bois d’érables magnifiques. Ce violon au « look » très particulier est unique au monde. C’est le mien, celui que je chéris le plus ».
Catherine Lara (parole et musique 1985, François Bensignor)

Catherine Lara 1985« Le violon fait partie de ma vie. C’est le prolongement de mon bras. Je n’en joue plus forcément tous les jours car j’ai appris à dompter les difficultés techniques. Mais j’en jouais encore avant-hier, en studio, où j’enregistre une musique que j’ai composé pour un téléfilm de TF1, « Terre indigo », avec Francis Huster. Ce n’est pas nouveau pour moi. J’avais déjà signé les musiques des films « Les hommes préfèrent les grosses » et « Docteur Françoise Gailland » ! Et maintenant, je reviens vers le cinéma puisqu’en plus de cette musique de film, je vais, pour la première fois tourner un film*, avec Bernadette Laffont et Dominique Lavanant. Après tout, sur scène, je me fais mon petit cinéma depuis pas mal d’années puisque chaque interprétation est une petite pièce de théâtre de trois minutes ! »
Catherine Lara
(Eddy Przybylski pour un journal belge 1996)

« Mon violon, c’est le prolongement de mon bras, ma béquille »
Catherine Lara
Femme actuelle sept 1991

Quelle est la pire choses qui pourrait t’arriver?

« Que je perde l’usage de mes mains car je ne pourrais plus jouer du violon,
ce qui est pour moi aussi important que de chanter »
Catherine Lara - TOP50 mai 1987

Collectionnez-vous les violons?

« Je les ai souvent offerts en cadeau. Pour l’instant,
je joue sur un instrument en vieux bois d’érable crée par un luthier de Mirecourt »
Catherine Lara
Le Républicain Lorrain - mars 2000

Comment naît votre inspiration?

« Je ne sais pas. Je contemple la Seine qui coule en bas de chez moi. J’aime bien laisser une musique naître comme ça, de nulle part. Pour les chansons, je me laisse porter par la musique des mots. J’ai composé aussi beaucoup pour les films et des téléfilms. L’image suscite alors l’inspiration ».
Catherine Lara - Entretien avec Cécile Nergrevengne mars 1999

«Elle naît aussi dans les musiques qui me séduisent. J’écoute Mozart, du hard, du rock, des chants bulgares ou ukrainiens parce que j’aime les voix a capella. J’écris comme je me sens. Aujourd’hui, j’épure mon style. J’ai vécu une période symphonique assez chargée, avec 40 musiciens… Je n’en ai plus que 3! »
Catherine Lara - Match 1987

Catherine Lara 1972

 

 

A 13 ans, Catherine est inscrite au Conservatoire de Versailles trois après-midi par semaine, se mère l’y conduit en 2CV : « Je m’en souviens très bien, dit-elle. J’ai dû réorganiser mon emploi du temps. Les commerçants de Poissy ne m’ont plus vue. Je déposais Catherine à deux heures devant son Conservatoire, puis j’allais faire les courses, avec chaque fois, un détour par la pâtisserie pour acheter un gâteau pour Catherine, et ensuite, j’allais m’installer dans un café, toujours le même, où le garçon m’apportait aussitôt, sans même me le demander, un thé citron et en attendant l’heure d’aller rechercher Catherine, j’écrivais à mon fils aîné qui faisait son service en Algérie, pour lui remonter le moral. J’ai fait comme ça le chauffeur de ma fille pendant trois ans et j’ai usé trois 2CV . Une fois rentrée à la maison, ce n’était pas fini. Il fallait l’aider à travailler son instrument. Vous savez, quand on a une enfant douée pour la musique, elle ne peut réussir que si quelqu’un de la famille se consacre exclusivement à elle « .
Mado la maman de Catherine pour Télé 7 jour 1987

Catherine Lara 1981Comment es-tu passée du classique et du jazz à la chanson et surtout au rock?

« Les Musiciens de Paris, c’était vraiment une très bonne équipe. On a été sollicité pour des séances de studio d’abord, et puis Nougaro nous a demandé de l’accompagner en tournée. J ‘avais envie de faire autre chose depuis un moment déjà, je crois que Nougaro m’a beaucoup influencée à cette époque. C’est vraiment impressionnant de jouer derrière un tel bonhomme. En 1972 , l’année suivante, j’ai changé d’orientation et je me suis lancée dans la chanson comme compositeur—interprète. J’ai abandonné le violon pour la guitare, le changement complet. J’ai vraiment travaillé dur pendant deux ans : guitare acoustique et électrique. Puis je suis revenue au violon, c’est vraiment mon instrument de prédilection, je l’emporte partout, il est toujours avec moi, sur scène et ailleurs. »

La technique de violon est identique pour le rock et le classique?

« J’utilise exactement la même technique. Il faut dire tout de même que le rock est plus facile à jouer, surtout grâce à l’amplification. Mais on perd un peu de sa virtuosité et retravailler Bach ou Mozart de temps en temps permet de remettre les doigts en place. Cependant j’estime avoir fait beaucoup de progrès depuis mon départ du conservatoire. Après 20 ans de classique, les doigts marchent bien, la tête ne suit pas. IL ne faut pas trop jouer, et ne pas jouer trop vite. La technique permet de remplir les trous, d’assurer c’est tout ».

Quel genre de matériel et d’instrument utilises-tu?

« Je préfère que le violon reste violon. Le son de l’instrument est naturellement magique, un écho suffit à lui donner une dimension extraordinaire. J’ai toute une collection de Barcus-Berry, un de chaque couleur, d’un point de vue lutherie ce n’est pas fameux, alors j’ai demandé à un jeune luthier de me fabriquer un violon électrique. Il a utilisé des bois centenaires, et maintenant, j’ai vraiment un instrument superbe. Je ne me sers pas des effets, juste un chorus et une chambre d’écho, point à la ligne ».
Catherine Lara
Magazine Guitare & Clavier 1984

« Je suis née à 5 ans un 25 décembre! Je découvre dans un paquet cadeau : une trompette! Le cœur battant déjà le tempo, j’attrape l’instrument et m’en vais lui montrer de quel bois je me chauffe ou plutôt de quel poumon je souffle! La révélation est immédiate : je veux devenir Armstrong ou … rien! Je suis en train de vivre ma naissance musicale et déjà ma première nuit magique! »
Catherine Lara dans (Télé 7 jours en 1987, Georges Hilleret)

Commentaires

Violon Florence et DelphineIl est arrivé, comme par magie dans ma vie.
Il faut que je vous explique...

Catherine l'avait donné à une association belge pour qu'il soit vendu au profit des enfants afghans et c'est à cette occasion que j'ai pu l'acquérir.

Je suis allée le chercher à Liège, ville belge (120km de Bruxelles). En voiture, plus Liège approchait et plus je commençais à me rendre compte de ce que j'étais en train de vivre. Tout c'était passé assez vite, rencontrer les membres de l'association, faire l'échange, redescendre les étages de l'immeuble, je ne me souviens plus en fait, escalier ou ascenseur ? j'ai oublié comme si je n'avais pas vécu ces instants qui ont suivi... Je me suis retrouvée dans la voiture et j'ai réalisé…Réalisé qu'il allait m'accompagner tous les jours du restant de ma vie... Quelle émotion quand je l'ai vu dans sa boite de velours bleu. Il n'avait pas de cordes, je pourrais dire qu'il était tout "nu"... comme abandonné à un triste sort, tout seul là...
Le moment le plus fort après m'être rendue compte de ce que je venais de vivre, fut quand je suis rentrée chez moi et que j'ai pu le toucher vraiment, me l’accaparer, comme lui dire bonjour…
J’ai aussi réalisé qu’il se dégageait un parfum dans la pièce où nous nous trouvions, une senteur exquise, la boite, le violon, le bois de l’instrument, tout était imprégné... un parfum qui ne m'était pas inconnu... un parfum toujours présent et qui parfume mon bureau maintenant.

A ce moment là, je ne savais pas encore qu'il avait été le compagnon de Catherine pendant un temps assez long, qu'il avait fait des concerts et qu'il avait été filmé dans les clips... mais par le parfum qu'il dégageait et qu'il dégage encore, je me doutais que Catherine l'avais beaucoup utilisé. J'ai regardé les vidéos que j'ai et les photos pour en déterminer l'âge et l'année, ce fut facile et rapide. 1988 I.E.O, le clip, les concerts de ces années là... l'Olympia et l'enregistrement du "Live 1988" c'était lui!!! Il était souvent présent dans les bras de Catherine...

Il restait « nu »… Alors je suis allée à Mirecourt, petite ville des Vosges, réputée pour ses luthiers. Je me décide et je choisis un luthier et je vais le déposer. Une révision entière, un nettoyage, des cordes, un support cordes fait sur mesure, un tendeur pour les cordes, bref tout ce qui va bien pour qu’on puisse lui redonner ce si beau nom « violon ». J’entre chez le luthier, je lui raconte un peu mon histoire et le parcours de l’instrument, il est pendu à mes lèvres, il attend avec impatience que j’ouvre l’étuis, il a un ami qui a fabriqué un violon pour Catherine lorsqu’il était apprenti, il pense que c’est celui-là… non, dommage… il l’ausculte, le mesure… tout va bien rien n’a bougé, tout est toujours là… il n’a pas perdu son « âme » , juste les cordes se sont envolées… Je le laisse une semaine… Il m’a manqué tout ce temps, c’est fou comme on peut s’attacher à un objet, on s’en rend compte quand il n’est plus là… Mais bonheur quand le téléphone sonne… Le luthier… il est prêt, je peux passer demain… En fait, je l’ai re-découvert une seconde fois avec ses cordes… beau… magnifique… majestueux !!!

Une idée m’est venue : que Catherine puisse le voir encore une fois… et puis pourquoi pas une dédicace ? Le concert de Bergerac arrive, je me décide à le prendre, malgré le voyage. Il est solide j’en suis certaine, il a vécu des choses merveilleuses avec Catherine, il résistera à tous les kilomètres que je vais parcourir.

Bergerac, l’arrivée, les retrouvailles avec un ami très cher, qui joue du violon depuis 3 ans. Je lui présente le violon, il hésite à le prendre, je le lui tends, il se l’accapare, le premier pas est fait. Avec le voyage, le violon est évidemment désaccordé… Il va prendre son temps pour l’accorder et pouvoir en jouer un petit jeu… Je ressens une très grande émotion…

Bergerac, concert, il est là, à mes pieds, il y assiste comme nous tous… sortie de salle, attendre que Catherine arrive… La peur qu’il n’y ai pas de dédicaces… J’aurais fait tout ça pour rien. Non pas possible, je viens de si loin, lui aussi, nous sommes deux âmes perdues au fin fond de la Dordogne.
A la fin du concert, à peine debout, des personnes viennent vers moi, toujours la même question, ils veulent savoir... qui a-t-il dans l'étui? un violon de Catherine? Quelle est son histoire? Tout en donnant des bribes d'explications je me faufile vers l'extérieur dans l'espoir de voir Catherine. Je ne sais pas si je suis stressée par la peur de louper Catherine, d'abimer le violon ou par la pluie menacante qui m'empêcherait de présenter le violon à Catherine.

Catherine arrive, elle n’a pas le temps de faire des dédicaces, un taxis l’attend pour repartir à Paris. Juste quelques sourires, elle serre quelques mains, vite vite. Puis elle arrive à ma hauteur, elle me reconnaît et le fameux « Ah salut, tu vas bien !!! ». Je lui explique, j’attire son attention… le violon… elle est au courant qu’il avait été vendu… « Ah c’est toi qui l’as, c’est très bien, j’m’en doutais » me dit-elle, je lui demande, tout en ouvrant le boîtier si elle peut me le signer… elle hésite… elle a les yeux qui pétillent en le voyant… «tu dois en prendre bien soin, il est très beau, prends en bien soin» me dit-elle en me regardant dans les yeux. Elle prend le crayon blanc que j’avais acheté tout spécialement pour cette occasion. J’ai ma main gauche qui est appuyée sur la barrière de métal, je supporte la boite du violon pour ne pas qu’elle bascule, je sens que ça pousse derrière moi, des mains ou plutôt des appareils photos, les flashs, on veut voir. Catherine s'appuie sur mon poignet pour écrire, j'ai terriblement mal, sur le moment je ne sens rien, c'est qu'après que la douleur arrive. Catherine recule et elle me dit : « Non, je ne peux pas, je vais l’abîmer » et délicatement elle se penche et elle commence à signer « Catherine Lara Amitiés »… elle me retend le crayon avec un très grand sourire, un clin d’œil qui veut dire beaucoup…
Oui Catherine, je vais le garder toute ma vie et je vais en prendre bien soin, c’est promis !!!
Florence et Delphine.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de savoir si vous êtes réellement un visiteur et permet de prévenir toutes intentions de spam.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.