1972-Adlibitum

Adlibitum 1972 Les années poussière 1972 La craie dans l'encrier 1974 Nil 1975 Jeux de société 1976 Vaguement 1977 Coup d'feel 1979 Geronimo 1980 Johan 1981 Revue et corrigée 1982 T'es pas drôle 1983 La rockeuse de diamants 1983 Flamenrock 1984 Nuit Magique 1986 A Travers les autres 1987  Rocktambule Les romantiques 1991 Maldonne 1993 Mélomanie 1996  Graal Passe moi l'ciel 2005 Une Voix Pour Ferré 2011 Au Cœur De l'Âme Yiddish 2012


33t Adlibitum 33t Export Japon Adlibitum45t Avant le petit jourK7 adlibitumTest pressing - Adlibitum

- 33t Pressage France : CBS 64912 - Pressage Canada : Columbia - FS 90147
- 33t Export Japon
- 45t CBS 7912 -> Avant le petit jour - Mourituri
- K7 France
- Test pressing 33 t CBS n° 64912 pressé le 16 mars 1972

 


 

Face A
1 Ad libitum - Daniel Boublil / Catherine Lara
2 Dis-moi - Daniel Boublil / Catherine Lara
3 Avant le petit jour - Daniel Boublil / Catherine Lara
4 L’étranger - Daniel Boublil / Catherine Lara
5 Il a marché sur l’eau - Daniel Boublil / Catherine Lara

Face B
1 La pierre tombale - Daniel Boublil / Catherine Lara
2 Le reflet mauve des forêts - Daniel Boublil / Catherine Lara
3 Petit - Daniel Boublil / Catherine Lara
4 Morituri - Daniel Boublil / Catherine Lara
5 Tes yeux - Daniel Boublil / Catherine Lara
6 Ce n’ét Exporettait que tu temps perdu - Daniel Boublil / Catherine Lara

Orchestre et direction: Jean Musy (April Music)
♫ Retrouver la partition de cette chanson

Catherine Lara 1974Pour cette première fois, cinq visages de Lara, en profils perdus noirs et blancs. L’air préoccupé de ces actrices de la nouvelle vague. A l’intérieur avec elle, les premiers complices de ses musiques : Daniel Boublil (textes), Jean Mussy (direction musicale), Claude Dejacques (réalisation artistique). Deux Catherine cohabitent ici sans se mélanger. L’une claire, à voix de berceuse haut perchée, se hasarde parfois à des notes cristallines qui n’évitent pas toujours une certaine mièvrerie. On pense à Catherine Leforestier et c’est tout dire. L’autre, sombre, celle en qui Denise Glaser a déjà flairé la louve de demain, qui scande « Morituri » et « Ad libitum ». Tous les instruments, déjà des percées de musiques rebelles qui tirent vers la symphonie une Lara évadée des conservatoires. « la musique s’arrête sur l’homme et suit sa course ad libitum… »
Sylvie Coulomb Chanson Magazine 1985

Deux albums vont naître en 1972, grâce à l’aide d’une dame mythique de la télévision : Denise Glaser. Pochette noire, visage en clair-obscur, arrangements sobres ou grandiloquents ( de Jean Musy) avec les chœurs de l’Opéra de Paris, voix aiguë et morceau à la Catherine Le Forestier, le premier sort fin mars, porté par deux titres latinisants, qui lui confèrent une espèce de religiosité : « Ad Libitum » et « Morituri ». Contre toute attente, il obtient un joli succès. Catherine se souvient :
« C’est assez mystique. Je sortais de Mozart, Schumann, Brahms, Bach et les autres, et il y a là évidemment un côté symphonique, très pompeux, voire pompier. En même temps c’était amusant : ça arrivait comme un cheveux sur la soupe en fin de période yéyé, et c’est ça qui a fait la différence ».
Catherine Lara - Daniel Pantchenko- CHORUS 1996
 

Catherine Lara 1974Assez curieusement, c’est avec deux titres en latin que le nom de Catherine Lara s’est fait connaître sur les ondes radiographique. Rassurez-vous, d’une part, seul le titre est en latin, et d’autre part, il ne s’agit ni d’une quelconque nostalgie de la liturgie d’avant Vatican II, ni de poussiéreuses réminiscences d’études classiques. « Ad libitum » serait plutôt un astucieux exercice de style, une sorte de métaphore où Catherine évoque l’homme avec un vocabulaire presque exclusivement musical : « La musique s’arrête sur l’homme et suit sa course ad libitum ». La musique, on la retrouvera constamment dans ses chansons, constamment nommée sous toutes ses formes.
« Morituri », comme l’indique son titre, est une variation sur le thème de la mort. Rien de morbide pourtant ni de larmoyant, juste quelques interrogations discrètement exprimées.
Une fois de plus, deux titres ont éclipsé le reste de l’album, et on ne peut que regretter de n’avoir pas plus écouté « L’étranger », « Avant le petit jour », « Il a marché sur l’eau » ou le superbe « Reflet mauve des forets », incantation magnifique indéfiniment répétée : « Le soleil danse sur ton corps au reflet mauve des forêts ». Un environnement musical sobre le plus souvent (guitare ou piano, harpe parfois) où la voix de Catherine est traitée comme un instrument de l’orchestre.

Erwan Le Tallec Paroles et Musique 1985

 

 

 

Triomphe du vrai talent. « Alors la chanson c’est pour quand ? »

Catherine Lara - 1975.De l’autre côté de l’Atlantique la grande folie du moment se sont les filles qui chantent. Il en « sort » une tous les jours. Après Mélanie, Laura Nyro Joni Mitchel, Mama Casa, Buffy Sainte-Marie, Judy Collins, voici Carole King, Karen Dalton et Judy Seel. De ce côté de l’Atlantique, nous n’avons jamais été tellement gâtés. Mais cette année, le vent paraît tourner : en quelques mois, nous venons de découvrir Véronique Sanson et Catherine Lara. Deux jeunes chanteuses qui n’ont pas à rougir de la comparaison avec les célébrités citées plus haut…
Catherine, c’est un conte de fée, une histoire presque trop belle pour être vraie… Et pourtant, la jeune fille timide et discrète qui rentre Chez Denise Glaser, un soir de décembre 1969, dans le sillage du chanteur vedette qu’elle accompagne à la guitare – un remplacement de dernière minute -, c’est elle. Le nom du chanteur ?… Elle refuse aujourd’hui encore de le dévoiler. Mais c’est grâce à lui que la productrice de télévision va la remarquer. Et plusieurs mois après cette soirée, Denise Glaser lance son équipe à la recherche de cette jeune fille qui jouait si bien de la guitare tout en fredonnant de magnifiques contre-chants. On la retrouve. Pour découvrir qu’elle joue du violon alto, que c’est là son vrai métier, et qu’elle est même le kappelmeister - l’animatrice – des Musiciens de Paris. Un orchestre de chambre qu’on a pu voir en première partie du dernier spectacle de Jean Ferrat au Palais des Sports. L’an passé, avec le quatuor Lara, elle accompagnait Claude Nougaro en tournée.
-« Denise Glaser m’a réécouté fredonner une mélodie que j’avais composé la veille et m’a dit tout de go : « Il faut que vous composiez, mais aussi que vous chantiez. », j’ai éclaté de rire. Mon métier, c’est la musique classique, pas la chanson. Mais, dans l’année, elle est revenue cinq fois, quinze fois à l’assaut : « Alors, la chanson, c’est pour quand ? » Elle m’avait même promis de me consacrer, dès la sortie de mon disque, un « Discorama spécial », réservé d’habitude aux vedettes confirmées ! Alors, en avril dernier, je l’ai obligée à tenir sa promesse : mon 33 tours venait de sortir. »
Comme Véronique Sanson, Catherine est entrée sur le marché en grandes pompes : tout de suite un 33 tours, luxueux, nouveau, riche de mots et de sons rutilants. Elle a donc délaissé l’archet pour faire chanter un nouvel instrument qu’elle maîtrise tout aussi bien : sa voix.
-«  Le violon et la voix, c’est un peu la même chose, et puis les paroles des chansons « collent » tellement bien avec la musique que je compose, avec ce que je sens et ce que je veux exprimer ! »
Le responsable de ces textes complices, ambitieux et un peu alambiqués, c’est Daniel Boublil, vingt ans, une tête à la Groucho Marx, un poète qui s’exprime pour la première fois à travers la chanson.
-« Je ne m’y attendais pas du tout. D’ailleurs je n’ai pas spécialement changé mes poèmes parce qu’il s’agissait d’un disque. Je suis resté un écolier, je suis enraciné dans toutes les rêveries scolaires, les histoires, les allégories, les contes des classes primaires. »
Dans ce disque remarquablement beau, il y a d’autres « explosions » : celles des orchestrations de Jean Mussy : cordes sensuelles, clavecin gracile, guitares tamisées, cuivres triomphants ou solennels, touches surréaliste de pianos désaccordés, de claquements insolites, de chutes de tempo… Tout cela est mieux que bien fait, mieux que savamment combiné : parfait. A la veille d’un été où, comme chaque année, les rengaines vont faire assaut de démagogie pour récolter les plus fortes ventes, il est rassurant de voir triompher la qualité et le vrai talent. Il est vrai que Catherine Lara, élevée par un père mélomane, aux côtés d’un frère qui fait du jazz et d’un grand-père qui jouait du cor, est entrée en chanson avec un bon nombre d’atouts

Un jour, LARA

On ne l’attendait plus, l’évènement qui, dans la chanson prendrait le relais des explosions d’il y a 15 ans: Brassens, Brel, Béart, Férré… Et puis la foudre est tout de même tombée sur le monde du show-business et la bonne fée, d’un coup de baguette magique, a fait apparaître une voix novelle, profonde, intelligente, détaillant des textes et des mélodies qui sont de vraies chansons avec une musique authentique, des mots qui n’ont pas l’air de sortir tout droit d’un dictionnaire de rimes. La voici, c’est Catherine LARA. François-Régis Barbry l’a rencontrés pour nous.

Toute la musique

« J’ai eu énormément de chance, dit tout de suite Catherine Lara. J’ai vécu une enfance merveilleuse, avec des parents qui m’ont de suite plongée dans l’univers de la musique. Toute la musique. »

- Surtout classique? Les leçons de piano, le solfège, les jeunesses musicales?

« Non, toute la musique! Voilà pourquoi aujourd’hui je trouve idiot la séparation que l’on fait entre les genres « grande » musique jazz et variété. Pour moi, il n’y a que des bonnes choses et des mauvaises, c’est tout. »

Évidemment, cela a dû faciliter l’entrée de Catherine Lara dans le monde échevelé de la chanson, alors qu’elle arrivait tout droit de l’univers en smoking et col dur de la musique de chambre. Je me souviens de l’avoir vue au Palais des Sports, l’an dernier lors du spectacle de Jean Ferrat. Elle était premier violon du groupe des Musiciens de Paris qui accompagnait l’auteur de « Ma France » et « Camarades » et de « C’est beau la vie ».

« J’ai eu énormément de chance répète cette jeune femme de petite taille aux cheveux bruns, au regard franc, lucide, à la voix posée et sûre. Beaucoup courent après la chanson. Moi, elle est venue à moi. Je composait des musiques depuis l’âge de 16 ans , sur des textes. Mais c’est courant, ça, et voilà que c’est sur moi que cela tombe, en quelques mois. »

Le hasard a la main heureuse.

- Ce qui a déclenché cette naissance?

«  La rencontre de Daniel Boublil, mon parolier et cette aisance naturelle avec laquelle il écrit un texte avec des mots que j’aurais aimé avoir trouvé et la spontanéité avec laquelle j’arrive à trouver une mélodie…
La rencontre de Denise Glaser qui a tout de suite encouragé ce que nous faisons, la rencontre de l’équipe de C.B.S. pour faire un disque. Tout de suite un 30 cm! Vous vous rendez compte? Là-dessus, on a le temps de raconter des choses! La rencontre de Claude Dejacques, le réalisateur spécialiste des vrais talents, la rencontre de l’orchestrateur Jean Musy… »

Des rencontres? Des hasards? C’était écrit, plutôt. Ou alors le hasard est un entremetteur parfait, qui a la main heureuse, car il n’est pas tombé sur n’importe qui. Catherine Lara joue du violon depuis l’âge de 5 ans. Père mélomane, frère musicien de jazz, grand-père joueur de cor. Premier prix du Conservatoire de Versailles, de Paris… En 1968, elle obtient une Bourse des la Fondation de la Vocation, comme violon solo pour pouvoir se consacrer à la musique, entièrement.

Aujourd’hui, un album de 11 chansons, noir et rouge de fleur écloses, une carrière toute neuve qui a eu droit à la publicité la plus ouverte qui soit : France-Inter a consacré une journée de programme entière à Catherine comme pour dire au public :   « Nous avons l’honneur de vous faire partager la joie d’entendre quelqu’un qui compose des chansons originales et qui les interprète avec une voix admirable ». Le public a applaudi devant les transistors. La preuve? Les disques sont partis comme des petits pains des présentoirs des marchands.

Je vis lucidement tout ce qui m’arrive

- Cela doit tourner la tête, tout ce ramdam autour de vous, tout à coup?

« Pas du tout, je vis vraiment très lucidement tout ce qui m’arrive. Je ne veux pas en perdre un brin. C’est tellement extraordinaire. »

- Pourquoi se lance-t-on dans uns telle aventure? Est-ce parce que tout ce qu’on entend ne satisfait pas et qu’on se sent de taille à pallier à la faiblesse du répertoire qui existe?

« Non. Je crois que je chante parce qu’en définitive, c’est une forme d’expression qui me convient bien, qui allie la puissance des mots à la magie de la musique.

- Vous n’aimez pas faire de discrimination entre les différentes formes de musiques, mais vous avez bien conscience que vous avez votre genre à vous?

« Un genre? Oui. Le Folk. Ce que l’on essaie de faire. Daniel Boublil et moi, c’est dans cette voie-là. Des poèmes simples et des musiques qui collent dessus, comme si tout cela venait de naître. Ces chansons-là, je peux dire qu’on les a composées « pour le pied », comme on dit, pour le plaisir de les faire. »

- Est-ce que vous avez conscience d’arriver à un moment favorable, que le public est prêt à recevoir ce genre de chansons, travaillées jusqu’au détail, dessinées au plaisir de l’écoute?

« Oui, j’en ai conscience. Si je dois donner une opinion personnelle, je crois que ces derniers temps, la chanson souffrait d’un manque de beaux textes. On a donné dans des styles sans formes, trop vite, dans des but lucratif… »

Un chant de liberté

Mais Catherine Lara s’excuse presque de donner un jugement. « D’ailleurs je ne me pose pas toutes ces questions! Je suis trop angoissée naturellement pour analyser… » Et puis voici ce nouvel univers qui l’emporte dans sa ronde. Vite, les télés, les galas, les interviews, les contrats, les rendez-vous. « Cela prend d’autant plus de temps que tout est allé très vite, mais c’est un question d’organisation! »

- Et le violon, prensez vous que vous le reprendrez un jour?

« Et comment! C’est mon premier enfant, même si le petit dernier me prend tout mon temps… »

- Vous composez au violon?

« Non, à la guitare. Une guitare que je désaccorde sans cesse et j’y colle des papiers pour trouver des sons nouveaux, des dissonances originales. Je ne la considère pas comme un accompagnateur mais comme un véritable instrument de musique… »

- Et le remue-ménage que l’on fait autour de vos ne vous gêne-t-il pas dans votre travail de compositeur?

« Non, je suis à fond dans mon univers musical et l’animation ne fait que me stimuler. Je n’ai pas besoin de recul, de silence, d’exil. Je ne cesse pas de composer. Je peux même vous dire que mon second 33 tours est terminé, alors que le premier est sorti voici peu de temps. »

- Sur le premier album, est-ce que vous vous reconnaissiez mieux dans telle ou telle chanson?

« Non, vous savez, elles forment une famille: il y a le grand, le petit, mais on aime bien tout le monde au fond. Je n’arrive pas à choisir car je les ai toutes faites avec le même amour… Ce n’est pas à moi de choisir, d’ailleurs je n’y arriverais pas . Pour chacune, il y a une histoire… »

- Il y a des sujets assez insolites : « Morituri » par exemple…

« Vous trouvez? « Morituri » c’est assez simple à comprendre. C’est un chant de liberté; « Morituti te saluant », ceux qui vont mourir te saluent. C’est noble, c’est grand, non? »

Oui, bien sûr. L’inspiration de Daniel Boublil et de Catherine Lara, bien que sortant des sentiers battus, n’en trouve pas moins le chemin direct des oreilles. Nouveau mais tangible. Beau et simple. Coloré: « Le soleil danse sur ton corps / Au reflet mauve des forêts / Le soleil danse et s’endort / Au reflet mauve des forêt... Fraternel: « Près de lui pleurent les automnes / Près de lui meurent les hivers / Noyés dans la pluies monotone / Les étés tournent à l’envers / Au travers d’éternels regrets / Se dissimule l’étranger. Rêveur: « Petit / Que fais-tu là? / J’attends l’oiseau / D’arc en ciel / Et les chevaux / Du soleil / Je suis l’enfant de la pluie ».

- Les mois qui viennent?

Je les attends avec optimisme et joie, me confie encore Catherine Lara. Et surtout cette rencontre avec le public. Parce que la chanson, c’est aussi le contact direct entre deux sensibilités, celle des auteurs et celle du public. C’est une aventure formidable…
… Merveilleuse, précise même Catherine, visiblement étonnée de vivre ce conte de fée les yeux ouverts…

Magazine Bonne Soirée 1972

Commentaires

Bonjour,

J'avais reçu les deux disques de Catherine Lara pour mon anniversaire de ma marraine. Les années poussières et Ad libitum. Comment les retrouver.

Amitiés

Dominique

Bonjour, vous les trouverez sur les sites de ventes d'occasions, genre ebay ou priceminister à des prix intéressants.

Bien à vous...

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