1982-Revue et corrigee

Adlibitum 1972 Les années poussière 1972 La craie dans l'encrier 1974 Nil 1975 Jeux de société 1976 Vaguement 1977 Coup d'feel 1979 Geronimo 1980 Johan 1981 Revue et corrigée 1982 T'es pas drôle 1983 La rockeuse de diamants 1983 Flamenrock 1984 Nuit Magique 1986 A Travers les autres 1987  Rocktambule Les romantiques 1991 Maldonne 1993 Mélomanie 1996  Graal Passe moi l'ciel 2005 Une Voix Pour Ferré 2011 Au Cœur De l'Âme Yiddish 2012


33t Revue et corrigée45t revue et corrigee45t Promo Revue et Corrigée

- 33t Trema 310 121
- 45t Trema 410 178
- 45t Promo Revue et Corrigée -> Pirates de la musique -  Silence et soupir


 

Face A  

 
1 SILENCE ET SOUPIR Chanté par Annie Girardot -  Catherine Lara / B. Decout
2 LARA TARIO* -  Catherine Lara
3 LES YEUX EN MAUVE Chanté par Jakie Quartz et Catherine Lara    -  Catherine Lara / B. Decout
4 SANA TOUSSE GRAS * -  Catherine Lara
5 COPARABANA Chanté par les chœurs -  Catherine Lara
      
Face B

6 PIRATES DE LA MUSIQUE Chanté par Catherine Lara -  Catherine Lara / B. Decout
7 PINK FLOYD * -  Catherine Lara
8 LACAPELLA Chanté par Jakie Quartz et Catherine Lara   -  Catherine Lara
9 LE NEZ *    -  Catherine Lara
10 TZIGANE *    -  Catherine Lara
11 TANGO *  -  Catherine Lara
12 VALSE*    -  Catherine Lara
13 BOSSA*  - Catherine Lara
14 R.N. ROOL *  -  Catherine Lara
15 SILENCE SOUPIR *  -  Catherine Lara

*Orchestral    Catherine Lara

« Revue et Corrigée », le spectacle :

« Pour résumer notre spectacle, « Revue et Corrigée » est une comédie qui se déroule au Casino de Paris, et qui raconte que justement nous sommes en train de squatter le Casino de Paris ! C’est pour le cas où il y aurait des doutes dans le public . »

Bob Decout,Annie Girardot et Catherine.A l’affiche de ce spectacle : Annie Girardot, une grande actrice que j’avais envie de rencontrer depuis très longtemps, et sept musiciens dans « la fosse aux violon… » Pour réaliser cette comédie, nous avons des idées formidables, il faut le dire ! Je me paye un retour en force dans la musique classique en écrivant une cantate. Une fois encore je mobilise tout le « bataclan » : la compagnie des quarante violons et le chorus à deux cents têtes de l’Opéra de Paris. J’ai besoin, de temps en temps, de cette bouffée de classique : j’ai chassé le naturel, mais il revient régulièrement au triple galop pour semer la terreur dans les orchestres symphonique !…
Ce que nous voyons pour le moment, c’est l’état déplorable des lieux : les murs qui se décomposent, les fils électriques dénudés et surtout la température ambiante : 7° sous les spots… Nous avons de bonnes idées pour notre spectacle, c’est vrai, mais nous manquons de moyens pour les réaliser. Toute notre volonté et notre travail ne suffisent pas. Notre aventure ne récolte qu’un échec retentissant et des critiques ardentes qui nous ont « revu et corrigé » le spectacle et le portrait ! 
Si notre comédie musicale n’a pas accaparé la mémoire du public, en revanche, je garde beaucoup de souvenirs de cette expérience !… Des nuits de travail et d’amitié, un album… et un pneumothorax.»
Catherine Lara (l’aventurière de l’archet perdu 1987)

Casino de Paris. Un nom, une histoire, un passé, un lieu magique. Le Casino de Paris n’existe plus depuis deux ans. Mort, terminé, désert, plus rien…Ou peut-être, allez savoir 1981. Le Son, la lumière ne sont plus des techniques c’est l’art du regard et de l’écoute. Écouter Catherine Lara. Catherine Lara, c’est déjà 1983
Annie Girardot, elle, est née à 17 ans rue Blanche, à 500 m du Casino. Pourquoi 17 ans ? C’est l’année où elle a franchi le pas du Centre d’art dramatique de la rue Blanche. Annie, c’est Madame Marguerite et c’est mourir d’aimer. Aimer si fort qu ‘elle et le Casino de Paris tiennent le premier rôle d’un spectacle qui s ‘appelle REVUE ET CORRIGEE A vous de comprendre. B. D.

« Revue et Corrigée », l’album...

Revueetcorrigee-spectaclePetite parenthèse discographique que ce spectacle musical de Bob Decout et Catherine Lara, chanté par Annie Girardot, Jackie Quartz et Catherine. Le disque, comme le spectacle lui-même, n’a pas laissé de souvenir impérissable, hormis une verte polémique entre Annie Girardot et Nathalie Petrowski – notre consœur du Devoir à Montréal – à la suite d’une critique peu amène du spectacle en question.
L’album par lui-même n’existe que grâce à la présence et aux musiques de Catherine, notamment dans les « Pirates de la musique » où elle donne sa pleine mesure. Les trois autres chansons laissent une désagréable impression d’extrême légèreté, voire d’inconsistance. Quant aux pièces purement instrumentales qui occupent les deux tiers de l’album, Catherine semble avoir pris son pied dans ces exercices de style, si l’on en juge aux clins d’œil et aux allusions des titres. « Sana tousse gras » pompeux et pompier au possible, « Pinkfloyd », plutôt première manière, « Le nez », pic, cap ou péninsule ? « Silence soupir », le thème pourtant fort joli de cette « Revue et corrigée », conclut heureusement l’album : « Silence et soupir »…
 Erwan Le Tallec Paroles et Musique 1985

Revue et Corrigée vue par Annie...

Livre Annie GirardoLe sauvetage, le spectacle, l ‘échec, les amis… toute cette aventure du Casino de Paris a marqué les vies de Jean-Jacques Debout, Catherine Lara et d’Annie c’est certain, c’est pas possible autrement… c’est pour cela que je ne suis pas entièrement d’accord avec Annie quand elle dit que Catherine à même renié sa musique, je ne pense pas que Catherine puisse renier une musique quelle qu’elle soit, même si c’est un échec, c’est pas son style. Enfin je respecte les pensées et les émotions d’Annie et c’est pour cela que je vous invite à lire l’extrait du livre « Partir, revenir, des passions vives » écrit par Annie Girardot, sorti en septembre 2003 aux éditions Le cherche midi. 
Lalapasssion.

«  … C’est par ce que je ressens cette merveilleuse disponibilité, ce sentiment de liberté, que l’idée d’un spectacle musical monte peu à peu en moi. Je ne fais plus de cinéma, j’ai du temps, c’est le moment. La chanson me sauve, chanter m’a toujours apaisée. Depuis plus de dix ans, je suis invitée régulièrement à des « Sacha Show » et, bien sûr, des émissions de variété de Maritie et Gilbert Carpentier. Les gens savent que j’aime pousser la rengaine et l’on m’appelle souvent pour chanter en duo. J’ai même participé à un « Discorama » avec Denise Glaser ! Ce jour-là, j’étais aux anges et sacrement impressionnée. Mais j’ai chanté quand même et sans fausse note. Chanter m’est naturel, je fredonne toute la journée. C’est une seconde respiration, un bien-être. C’est pour cela que j’y pense en cette fin des années 80 : chanter pour retrouver la pêche ! J’ai d’abord voulu faire un disque et, peu à peu, l’idée d’une véritable revue s’est ancrée dans mon esprit. Lorsque je rencontre Bob Decout dans un studio d’enregistrement, ma décision est déjà prise.
Je ne sais plus qui a trouvé le titre du spectacle « Revue et corrigé.."Bob ou moi ? Peu importe, à l’époque, nous parlons d’une seule voix. Bob et moi nous sommes rencontrés sur cette envie commune et nous nous sommes ailés. Ce spectacle est comme l’enfant que nous aurions eu ensemble, nourri de rêves et d’espoir. Lorsque je lui confie mon idée de rouvrir Le Casino de Paris avec des chansons modernes et inédites, Bob se met aussitôt au travail. Le résultat dépasse mes espérances. Les chansons sont magnifiques. Dans le spectacle, je me contenterai d’en « dire » une seule, laissant chanter les professionnelles. Catherine Lara qui compose toutes les musiques, Guesh Patti et Jackie Quartz, (dés)habillées par Jean-Paul Gaultier, Jacques Rouveyrollis nous éclaire de son savoir-faire dans l’empire des lumières, et ma Guilia fait partie de l’assistance technique.
Moi qui ne peux imaginer la vie sans musique, sans chansons, je me suis lancé un immense défi : redonner un sang neuf au Casino de Paris fermé et menacé de disparition. L’intrigue est simple, c’est presque notre histoire. Une femme – moi – accompagnée d’hurluberlus excentriques et tendres, décide de rouvrir la salle mythique en réveillant toute la machinerie assoupie et les fantômes du passé. J’étais folle d’y croire. J’ai rêvé sans doute… Je me suis trompée.
Revue et CorrigéeUnis par ce projet, portés par la mission de sauver ce lieu, nous ne nous méfions pas des chiens qui ricanent d’avance en brocardant notre projet. Avant même que l’on commence, on parle de « Girardot, la plume dans le cul ». Pour qui me prend-on ? De quel droit, ce mépris, ces insultes ? Des cabots de journalistes se jettent sur nous comme sur un unique bout de viande, nous roulent dans la poussière et dans la fange. Ne font de nous qu’une bouchée. Ils donnent une idée fausse de la revue et la ridiculisent. Finalement, ils arrivent à leurs fins : personne ne vient et surtout pas ceux qui seront les plus acharnés à nous démolir. Comme d’habitude, les critiques les plus cruelles viendront des journalistes qui n’ont pas vu le spectacle. Il en existe quand même qui lancent un cri d’alarme pour que l’on vienne me voir au lieu de juger à la légère. Trop tard, hélas. Quelques amis me soutiennent comme ils peuvent, mais au bout du compte, peu l’entre eux m’aiment dans cet exercice. « Tu vaux mieux que cela… » me dit gentiment Alice Sapricht, une des seules à venir m’embrasser dans ma loge après la représentation. Elle n’aime pas, mais elle est venue me le dire en face. Dans mon désarroi, c’est un geste que j’apprécie. Les autres, c’est « courage, fuyons », faux-cul et compagnie. Que ceux qui m’ont huée et traînée dans la boue, ne s’inquiètent pas : Je ne les dérangerai pas longtemps. Au bout d’un mois, nous sommes virés des lieux. Sans sommation. Je l’apprendrai par la presse. Jusqu’au bout, elle m’aura traquée, celle-là…
J’ai connu l’infamie, l’abandon, la solitude. J’ai lutté pied à pied pour me défendre de la dépression. Et j’y ai laissé quelques plumes. Bob mon complice, attaqué de toutes parts, fera sombrer notre belle aventure. Il n’était pas de taille. Mais qu’importe. Et où sont-ils passés ceux qui croyaient au spectacle autant que moi ? Ils le juraient, en tout cas. Même Catherine Lara renia la musique qu’elle avait composée. Pourtant, elles étaient belles ses chansons… Elle avait écrit un oratorio pour l’arrivée du mythique escalier. Il s’avançait, énorme, sur la scène. C’était magnifique. Mais j’étais seule à rêver.
Je m’en suis pris plein la poire et je m’en suis sortie. Parce que je suis ce que je suis. Et que l’adversité décuple mes forces. Une phrase qui pourrait résumer les multiples déroutes, les remontée à main nue de mon existence.
J’ai saucé le Casino de Paris. Tout le monde ne peut pas en dire autant, surtout ceux qui n’ont rien fait pour Bobino, le plus beau fleuron de la rie de la Gaîté. Détruit sans coup férir. Joséphine Baker venait de mourir, tout s’est écroulé à sa suite. Le Casino de Paris a rouvert ses portes. Et lui, il m’a ruiné.
Paie tes erreurs, ma fille… »
Annie Girardot
(Pages 158/159/160/161)

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