1976-Jeux de societé

Adlibitum 1972 Les années poussière 1972 La craie dans l'encrier 1974 Nil 1975 Jeux de société 1976 Vaguement 1977 Coup d'feel 1979 Geronimo 1980 Johan 1981 Revue et corrigée 1982 T'es pas drôle 1983 La rockeuse de diamants 1983 Flamenrock 1984 Nuit Magique 1986 A Travers les autres 1987  Rocktambule Les romantiques 1991 Maldonne 1993 Mélomanie 1996  Graal Passe moi l'ciel 2005 Une Voix Pour Ferré 2011 Au Cœur De l'Âme Yiddish 2012


33t Jeu de société

33t CBS 81703


 

Face A

1 Jeu de société - D.Boublil/Catherine Lara
2 Sensuelle - D.Boublil/Catherine Lara
3 Om - D.Boublil/Catherine Lara
4 Le souffleur de rêves - D.Boublil/Catherine Lara
5 Un jour demain - A.Lacaux/Catherine Lara
6 Charly - D.Boublil/Catherine Lara

Face B

1 L’océan - A.Lacaux/Catherine Lara *
2 Si tu penses - Catherine Lara/Catherine Lara
3 Lettre d’adieu - D.Boublil/Catherine Lara
4 Île promise - D.Boublil/Catherine Lara
5 La Hora (Inst) - Catherine Lara

Piano, guitare et violon : Catherine Lara
* Voix : A.Lacaux
Arrgts et direction d'orchestre : Michel Bernholc
Réalisation artistique : Claude Dejacques
Photo pochette : David Hamilton
Un album tout de sensibilité avec des thèmes personnels comme:
l’enfant «  Le Souffleur  de rêves »
L’ami, le frère « Charly »
Et l’amante avec « Sensuelle »...
On n’oublie pas que cet album est dédié à Do…

C'est un album qui sort du cœur puisque la chanson « Le souffleur de rêve » est dédiée à Virginie, la petite fille d’un des frères de Catherine, qu’on retrouve un matin morte à l’âge de 13 ans, d’un arrêt cardiaque, Catherine n’en parle pas, elle lui dédie ce disque et cette chanson.

Intitulé sobrement « LARA », le disque suivant fait partie de ces expériences auxquelles Catherine Lara s’est risquée au gré de sa carrière. Photo esthétisantes de David Hamilton (d’ordinaire plutôt branché nymphettes) sur la pochette, il sonne davantage variété, et au milieu d’une pléiade de musiciens que Michel Bernholc dirige (Janik Top, Slim Pezin, André Ceccarelli, George Rabol, François Rabbath…), pointe un guitariste qui va devenir un complice fidèle de Lara : Claude Engel.
La chanteuse y interprète ainsi son premier texte, « Si tu penses », où sans en avoir l’air elle annonce la couleur : »Aujourd’hui, tout est permis / Tu penses être qui tu veux ».
Daniel Pantchenko CHORUS 1996

Après les tensions, les désarrois, l’exil du Nil, Catherine aborde les rivages de la sérénité. Variation autour du thème de la tendresse, avec cette petite touche qui fait l’immense différence entre la sensibilité et la sensiblerie, avec cette note discrète qui remet les choses à une plus juste place que le centre du monde. Les mauvaises vibrations se changent en « Jeu de société » : « Au grand jeu de société / c’est la survie qu’il vous faut gagner / chacun pour soi fait ce qu’il peut / on n’a jamais rien trouvé de mieux ». « La vie n’est qu’un jeu » (« Om »). Un jeu qui devient « Tu » : « Tu reviens de loin », « Tu n’es sûr de rien », « je t’ai retrouvé », « si tu prends le temps de vivre », etc. L’enfant (« Le souffleur de rêves »), l’ami, le frère (« Charly »), l’amante (« Sensuelle »), peuplent cet univers des « tu »
La musique elle aussi se fait chaleureuse, elle se met au diapason de cœur « Si tu penses »), de la soif d’absolu (« Lettre d’adieu », une très belle lettre ouverte à un monsieur que l’on cherche partout, à Paris ou à genoux). Elle se fait chair, elle se fait danse, elle se fait élan, elle porte les mots, les enveloppe, les caresse, les réchauffe dans ses cordes sensibles. Les textes sont de nouveau signés Daniel Boublil (en dehors de deux chansons d’Alain Lacaux). Une rencontre nouvelle, le guitariste Claude Engel, que l’on retrouvera désormais souvent dans l’ombre de Catherine.
Erwan Le Tallec Paroles et Musique 198

Lara photographiée par… David Hamilton. Le marathonien de la nymphette s’attaque à cette dévoreuse (de diamants ?). Elle en sourit au verso. Un album entre parenthèse dont rien ne dépasse vraiment et qu’on peut retourner sur lui-même à l’infini. Pas d’erreurs, pas de frissons. Boublil opère un retour en force. Lacaux signe deux miettes. Mais Catherine chante son premier texte : « Si tu penses ». Il est bon de savoir que cette femme a écrit : « Et quand je perds l’équilibre, je m’accroche au diapason »… Parmi un indéniable beau linge instrumentiste, Claude Angel fait son entrée au générique. Dans trois ans, il donnera à Catherine le « Coup de feel » qu’elle attend déjà peut-être. Pour l’instant il est en face du mot guitare entre Janie Top et Jean-Pierre Martin. Ils font de leur mieux (qui n’est pas mal comme on le sait) dans ce disque brun d’humeur relativement étale. C’est dommage et c’est à suivre…
Sylvie Coulomb Chanson Magazine 1

12 questions à Catherine Lara

Magazine djin en 1977 pour la sortie de l’album Jeux de société

1 La réussite commençait à vous être acquise dans le secteur très difficile de la musique classique. Pourquoi l’avez-vous abandonné soudaine pour la chanson?
- Je n’ai pas abandonné la musique classique. Je continue à en entendre et en jouer, pour mon plaisir… Mais j’ai toujours aimé aussi la chanson et j’ai saisi l’occasion qui m’a été donné, de m’exprimer, moi, par mes propres musiques.

2 A quel genre appartiennent vos chansons?
- Si j’avais vécu au Moyen Age, je crois que j’aurais aimé écrire des ballades pour les troubadours. Aujourd’hui, il paraît que c’est du folk. Pour moi c’est la chanson gaie ou triste comme la vie. C’est la chanson que j’aime entendre au coin de la rue, pour rêver…

3 Vous avez commencé le violon à 5 ans. Et-ce parce que vous montriez déjà les dons d’un futur Mozart?
- Pas du tout… Ma famille aimait simplement la musique et avait gardé une tradition du temps où il n’y avait ni disque, ni radio pour en entendre. Chacun apprenait à jouer d’un instrument… Mon grand-père jouait du cor; mon frère a fait du jazz; moi, j’ai appris de violon.

4 Avez-vous parfois le trac?
- Je l’ai toujours eu comme violoniste. Je l’ai encore plus comme chanteuse… Mais en même temps, faire face au public, capter ses réactions, essayer de le convaincre, c’est formidable… Sur ce plan là, j’ai encore plus de joie comme chanteuse que comme violoniste, car le contact est encore plus direct : il y a pas d’instrument pour faire écran. Et c’est ce que j’aime, malgré ma peur!

5 Qu’est-ce qui vous paraît le plus important dans la vie?
- Le respect de la vie.

6 Je vois deux chats chez vous. Sont-ils vos animaux préférés?
- A la campagne, j’ai d’autres animaux, mais à la ville, ils seraient malheureux, alors que les chats s’adaptent bien à la vie en appartement… Et j’aime beaucoup les chats à cause de leur indépendance : ils vous accordent leur tendresse sans en mendier. Par ailleurs, je les trouve reposants, car ils n’ont pas le côté pataud des chiens qui sont attendrissants, mais dangereux pour les bibelots. Je passe de long moments à observer la grâce d’un chat.

7 Si vous aviez une fille, quels rapports aimeriez-vous établir avec elle?
- Pas des rapports d’adulte-enfant, pas des rapports de maître-élève. Je voudrais qu’elle puisse me raconter tout, sans craindre le jugement… Que nous soyons en confiance et même complices. Cela suppose, je le sais, un grand effort de vérité des deux côtés, mais si j’avais une fille, cela me paraîtrait le plus important.

8 Aimez-vous votre métier?
- Tellement que j’oublie souvent qu’il s’agit d’un métier! Je ne mets pas de frontières entre mon travail et mes loisirs. Et c’est ce que je voudrais possible pour tous! Mais on en est malheureusement fort loin. J’estime donc avoir beaucoup de chance.

9 Dans quel pays préférez-vous chanter?
- La France, car c’est mon pays; le Canada, pour la qualité de son public que ses excellents chanteurs ont rendu exigent, le Brésil, car chacun peut y chanter les œuvres du voisin, sans complexe, sans histoire et pour le plus grand plaisir de tous… C’est le pays de l’amitié simple.

10 Avez-vous des revendications MLF?
- Sincèrement non! Il a été bon que des femmes s’élèvent contre les injustices. Mais je n’aime pas la manière dont on aigrit aujourd’hui, les rapports entre les hommes et les femmes.

11 Êtes-vous optimiste?
- J’aime la vie, passionnément… Et j’en savoure chaque minute, aussi bien lorsque je mijote un lapin à la moutarde (ma spécialité) pour mes amis, que si je rêve de découvertes spatiales. Ceci dit, je me rends fort bien compte que notre monde est malade d’injustices et d’inégalités, de trop de consommation et de trop d’égoïsmes… Mais raison de plus pour se dire qu’il y a quelque chose à faire… et le faire!

12 Que souhaitez-vous aux filles de 1977? Aux filles de DJIN?
- De ne jamais renoncer à leurs espoirs et à leur rêves d’aujourd’hui… De ne jamais devenir des « bonnes femmes » pas plus que des « MLF », mais de rechercher leur propre vérité, d’apprendre à se connaître, pour rester elle-mêmes et aller au bout de leurs idées…
Interview recueillie par Manique Amiel

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